Un podcast, c’est du son. Mais c’est aussi une couverture : une image qui donne la première impression et circule sur les plateformes. Créer la couverture d’un podcast, ce n’est pas seulement faire une pochette, c’est traduire une intention éditoriale en image.
La couverture d’un podcast : partir du sens avant la forme
Plus votre vision du podcast est claire (thématique, sujets, formats), plus il sera simple d’imaginer une identité visuelle cohérente et forte. C’est un principe que nous rappelons souvent dans nos formations au podcast : prendre le temps de définir la raison d’être du projet et sa note d’intention, c’est poser les bases d’une identité durable.
Le visuel ne vient pas “après” le podcast. Il en est souvent la première porte d’entrée.
Les contraintes à intégrer dès le départ
Lorsqu’on imagine le visuel d’un podcast, il est essentiel de penser aux contraintes liées à la diffusion sur les plateformes :
- 📐 Format carré obligatoire, en haute définition (au moins 1400 x 1400 pixels, idéalement 3000 x 3000).
- 📱 Lisibilité en miniature :le visuel doit rester identifiable sur un écran de smartphone.
- 🎨 Sobriété :éviter la surcharge graphique, privilégier une composition lisible et directe.
- 📝 Titre ou non sur l’image ? le choix dépend du nom du podcast et de sa force évocatrice. Titre et visuel doivent se répondre.
Ces contraintes ne brident pas la création. Elles en sont le cadre.
Photo ou illustration : un choix éditorial
Lorsqu’il s’agit de concevoir le visuel de votre podcast, une question revient souvent : faut-il opter pour une photo ou une illustration graphique ?
L’illustration est souvent préférée lorsqu’on veut faire écho à la nature éditoriale du podcast : elle permet de tisser un lien direct avec les thématiques abordées, les récits ou les imaginaires du projet.
En revanche, si le podcast est fortement incarné par une personne (animateur, animatrice, ou marque personnelle), une photo peut s’imposer. Dans ce cas, mieux vaut prévoir un shooting avec un·e photographe professionnel·le : ce visuel servira sans doute au-delà du podcast, sur de nombreux supports de communication
Créer soi-même son visuel : outils et limites
Pour celles et ceux qui souhaitent créer eux-mêmes le visuel de leur podcast, les ressources disponibles aujourd’hui sont nombreuses. Banques d’images libres de droits, typographies gratuites ou sous licence, outils de palettes de couleurs : il est possible de réunir assez facilement une matière graphique de départ. Des outils comme Canva ou Figma permettent ensuite d’assembler ces éléments sans compétences graphiques avancées, tandis que des logiciels comme Photoshop ou Gimp offrent davantage de finesse à celles et ceux qui en maîtrisent les usages.
Mais cette accessibilité peut être trompeuse. Le véritable enjeu ne réside pas dans le choix de l’outil, mais dans la cohérence de l’ensemble. Trouver une image, une typographie ou une couleur est une chose ; parvenir à faire dialoguer ces éléments avec le titre du podcast, son intention éditoriale et ce qu’il raconte à l’écoute en est une autre. Le risque n’est pas tant de produire un visuel « mal fait », que de produire un visuel qui raconte autre chose que le podcast lui-même.
Les outils d’intelligence artificielle, comme DALL·E ou Midjourney, ouvrent à leur tour de nouvelles pistes. Ils permettent d’explorer rapidement des univers graphiques, parfois très inspirants. Mais là encore, ils ne remplacent pas le travail de formulation : trouver le bon prompt, ajuster, recommencer, savoir s’arrêter. L’IA peut aider à projeter une ambiance, pas à décider d’une identité.
Créer soi-même le visuel de son podcast peut ainsi constituer un premier geste pertinent : pour tester une idée, poser un cadre, démarrer un projet. À condition d’accepter cette phase d’essais, de tâtonnements, et de reconnaître le moment où les limites apparaissent, non pas techniques, mais éditoriales.
Collaborer avec un·e graphiste ou illustrateur·ice
Faire appel à un·e graphiste ou illustrateur·ice ne consiste pas simplement à déléguer la création du visuel de son podcast. C’est un changement de posture : passer d’une logique d’outils à un dialogue entre deux pratiques, le son et l’image.
Tout commence par la capacité à formuler son projet. Mettre des mots sur l’univers du podcast, son ton, les émotions qu’il traverse. Dire ce que l’on cherche à faire ressentir à l’écoute, plutôt que ce que l’on veut « voir » dans l’image. Plus cette matière est claire, plus elle devient fertile pour la création visuelle.
Partager des références graphiques aide à construire un langage commun. Mais fournir, lorsque c’est possible, une maquette audio du podcast est souvent encore plus parlant. Le rythme, la voix, les silences donnent accès à l’essence du projet bien au-delà d’un brief descriptif.
La collaboration repose ensuite sur un équilibre : clarifier ses attentes sans enfermer la création, accueillir des propositions parfois décalées, et accepter que le visuel puisse déplacer le regard porté sur le podcast. C’est souvent dans ces allers-retours que se construit une identité juste.
Enfin, penser dès le départ aux conditions d’utilisation du visuel (formats, déclinaisons, cession de droits) permet d’inscrire ce travail dans la durée. Le visuel du podcast n’est pas un objet isolé : il circule, se décline, et accompagne le projet bien au-delà de sa première mise en ligne.
Penser le visuel du podcast dans un ensemble
Le visuel d’un podcast n’est jamais une image isolée. On le retrouve sur les plateformes d’écoute, les réseaux sociaux, parfois sur un site ou dans une newsletter. Souvent, c’est même la seule image associée au projet.
Il ne s’agit donc pas seulement de “faire une belle pochette”, mais de penser une image en dialogue avec l’écoute. Un visuel juste accompagne le récit sonore, prolonge son intention et s’inscrit dans une continuité : formats, déclinaisons, usages. C’est dans cette articulation entre son, image et narration que se construit une identité durable.
L’exemple du podcast Nos Chaînons Invisibles permet d’en saisir concrètement les enjeux.
De l’idée à la réalisation - L’exemple du podcast Nos Chaînons Invisibles
Pour Nos Chaînons Invisibles, le travail sur le visuel ne s’est pas posé comme une étape finale, venant habiller un podcast déjà achevé. Il s’est inscrit dès le départ dans un mouvement plus large, engagé avant même la production des épisodes.
Lorsque nous avons lancé l’appel à témoignages sur les réseaux sociaux, un univers graphique existait déjà. Un logo en forme de X, une charte visuelle, et surtout un texte fondateur : le manifeste Nous sommes X.
Chaque phrase de ce manifeste était accompagnée d’une image, souvent traversée par cette forme du X, devenue à la fois repère visuel et symbole. Le manifeste a également pris une forme audio, puis vidéo, devenant le premier épisode du podcast avant même que la série ne soit pleinement écrite.
À ce stade, le podcast n’était pas encore une série structurée : le manifeste en a posé les premières bases.
Cet univers graphique préexistant n’illustrait pas encore un podcast abouti : il accompagnait une parole en train d’émerger. Il a servi de socle lorsque s’est posée la question du visuel du podcast lui-même.
Lorsque la production de la série s’est précisée, les thématiques étaient claires : naissance sous X, adoption, quête d’identité, recherche des origines. Le podcast prenait une forme à la fois incarnée, portée par l’autrice, et chorale, à travers les récits de Caroline, Paola, William, Charlotte, Monique et Virginia. Il fallait un visuel capable de tenir ensemble ces dimensions multiples, sans les figer ni les simplifier.
C’est dans ce contexte que nous avons collaboré avec Claire Sichez. J’avais déjà travaillé avec elle sur un projet à Radio France et suivi son travail depuis plusieurs années. Son passage à l’aquarelle, sa manière de travailler la matière, la couleur et la suggestion faisaient écho à ce que nous cherchions : une image poétique, symbolique, capable de laisser de la place à l’interprétation.
Avec Charlotte Le Gavrian, qui accompagne les projets d’Elson, nous avons pris le temps de transmettre à Claire les différentes strates du projet : le manifeste, les récits des témoins, la structure de la série, mais aussi les tensions qui la traversent. Il ne s’agissait pas de décrire une image à produire, mais de partager un univers, des trajectoires, des voix.
Du symbole à l’image finale
À partir de ces échanges, Claire a proposé plusieurs pistes. Parmi elles, l’image d’une femme tenant un bébé dans les bras, inspirée par les figures de la maternité et de l’anonymat. Le visage n’est pas visible : on ne sait pas s’il s’agit d’une mère biologique ou adoptive. Les bras forment un X, rappel direct du secret et de l’inconnue. Une autre proposition faisait apparaître un arbre, en écho à une phrase du manifeste :
« Nous ne connaissons pas nos origines, alors nous voyons le monde en fractales, telles les branches des arbres cherchant leurs racines dans le ciel. »
Ces propositions, d’abord distinctes, se sont progressivement mêlées. Le visuel final est né de cette hybridation : une image symbolique, non illustrative, qui ne raconte pas l’histoire à la place de l’écoute, mais en prolonge la résonance.
En parallèle, le travail typographique a puisé dans la matière même du podcast. Le choix de la typographie “courrier” renvoie aux lettres administratives lues dans la série : jugements d’adoption, courriers de la DDASS ou du Conseil national pour l’accès aux origines personnelles. Le titre Nos Chaînons Invisibles est encadré de crochets, comme un élément désigné sans pouvoir être pleinement saisi. Autant de détails qui inscrivent le visuel dans le récit, plutôt que dans un simple habillage.
Une identité visuelle comme prolongement de l’écoute
Le visuel de Nos Chaînons Invisibles a été réalisé à partir de techniques mixtes, mêlant aquarelle et infographie. Il ne cherche pas à expliquer le podcast, mais à en poser le climat. Il circule aujourd’hui sur les plateformes d’écoute, les réseaux sociaux, les supports de présentation du projet. Il accompagne la série dans le temps, sans jamais s’imposer à l’écoute.
Cet exemple illustre une conviction forte : lorsqu’un podcast est pensé comme un récit, son identité visuelle gagne à être conçue comme une extension sensible de ce récit. Ni décorative, ni illustrative, mais profondément liée à ce qui se joue dans les voix, les silences et les histoires racontées.
Penser l’identité visuelle d’un podcast, ce n’est pas chercher à illustrer le son, mais à en prolonger le sens.
Quand le visuel naît de l’écoute, du récit et de l’intention éditoriale, il devient un compagnon du podcast, pas un habillage plaqué.
Chez Elson, nous accompagnons les projets audio dans cette articulation entre fond, forme et narration — du cadrage éditorial à la création sonore et visuelle.
Si vous souhaitez être accompagné·e dans la conception de l’identité de votre podcast, vous pouvez nous écrire via la page contact du site ou à hello@elson.fr
FAQ - Identité visuelle et visuel de podcast
Faut-il obligatoirement un visuel professionnel pour lancer un podcast ?
Non. Il est tout à fait possible de démarrer avec un visuel créé soi-même, notamment pour tester un format ou lancer un projet. L’enjeu n’est pas la “perfection graphique”, mais la cohérence entre le visuel et l’intention éditoriale du podcast.
Peut-on faire évoluer l’identité visuelle d’un podcast dans le temps ?
Oui, et c’est même fréquent. Certains podcasts commencent avec un visuel simple, puis affinent ou repensent leur identité à mesure que le projet se structure. L’important est de conserver une continuité de sens, même lorsque la forme évolue.
Quand faire appel à un·e graphiste ou illustrateur·ice pour son podcast ?
Lorsque le podcast s’inscrit dans la durée, qu’il porte un récit fort ou qu’il devient un élément central d’un projet éditorial ou professionnel. La collaboration permet alors de traduire finement l’univers sonore en image, et de penser le visuel dans tous ses usages.